Journal d'un paumé

See no evil. Hear no evil. Speak no evil.

lundi 22 décembre 2003

one more time

Comme chaque soir, je suis seul dans ces 250 m². Mon père couché depuis bien longtemps au rez-de-chaussée, je suis installé au premier, la télévision en bruit de fond. Toute la maison vibre sous les rafales de mistral. Journée réservée à ma mère aujourd'hui ; monologue sur son boulot, sur son fric pendant qu'elle me gave à midi, à goûter et le soir. Ma maigre bouffée d'oxygène m'aura coûté un douloureux mal de tête ; chaque passage chez mon frère me confirme mon désir de ne pas avoir d'enfants, de chien ou de poules et surtout pas plusieurs occurrences de chaque réunis au même endroit. Mais le malaise de mes parents est bien présent et j'en joue avec délectation : c'est la dernière fois que je suis dans cette maison. Dernière étape de ce divorce tardif avec un paumé au milieu à jouer à l'équilibre. Je vais devoir faire mes cartons, résumant la petite vingtaine d'années que j'ai passé dans cette maison.
Mais je ne suis pas matérialiste ni sentimental ; je les sonde, les questionne et appuie là où cela fait mal. Maigre consolation de toutes ses années où ils auraient dû être là, et de ces années où ils tentent vainement de rattraper le temps.
Forte et brutale rafale de vent, la télévision s'éteint, la maison devient noire et muette, il ne reste qu'un paumé rescapé terminant son post sur son portable rechargé.

Commentaire(s)

allons toutes vivre dans le 93 chérie.

ne confonds pas mes parents et moi, chérie.