Journal d'un paumé

See no evil. Hear no evil. Speak no evil.

mardi 06 avril 2004

inconscience

Mon corps se venge. Ou mon subconscient. Oui, plutôt. Parce que je suis un grand adepte des maladies psychosomatiques. Quand j'étais gamin et que mes parents partaient en vacances sans moi, je tombais malade et ratais l'école. Ils étaient donc parfois obligés de les abréger. Plus tard, pendant mes études, si je devais faire une présentation en public, je récupérais une grippe ou une angine carabinée. Idem quand j'ai commencé à bosser. Jusqu'au jour où un responsable m'a cité mes absences en faisant le parallèle avec tel ou tel événement particulier qui me mettait mal à l'aise. Faut dire ce coup là, j'avais fais très fort, c'était ma première trithérapie préventive. Depuis je maîtrise plus ou moins la chose et j'arrive généralement à éviter de rester cloué au lit.
Je me suis raté sur ce coup là. Mal à la tête en permanence depuis la fin de la Monoculture, mal à la gorge et migraine depuis lundi.
Ce qui me différencie des M., A., X (le mec de Londres) voire peut-être même de Phil, c'est ma peur de la drogue. Je peux avoir des taz ou de la coke à proximité et refuser d'en prendre. Mais d'un autre côté, je suis attiré par ça. Vendredi, M. m'a appelle pour me dire qu'il allait à la Monoculture et ensuite m'a mis en contact avec un « franprix ». Je n'y ai pas encore donné suite. Je traîne des pieds mais je sens que je vais finir par prendre contact. Et j'ai peur des conséquences ; peur de tomber dedans et de ne pas pouvoir m'en sortir.
Vendredi, j'étais excité comme une puce à l'idée de la soirée. Samedi, l'habituelle appréhension a commencé à monter doucement tout au long de la journée. J'arrive à Ménilmontant tôt - vers 23H30 - car je ne veux pas poireauter plus d'une heure comme la dernière fois. J'arrive à la Maroquinerie dans le même état que le jour d'un examen important : mal au ventre, pipi toutes les 5 mn. Il n'y a personne, je vais au bar, commande un sky coca et le boit cul sec. Je décide de ne pas gober, de boire et de danser. M. arrive une heure plus tard, me présente à son copain défoncé, me file le taz que je gobe sans la moindre hésitation. La montée est un peu difficile - frissons, vertiges, problème d'orientation - ce qui présage un bon dosage. Ma tête ne veut pas lâcher l'affaire - pensées sombres, boulot - et résiste aux effets. Je refuse la ligne de CC proposé par M. Quelques instants plus tard, le dosage a raison de mes appréhensions et je me transforme en super-clubber. Je vibre au son de la musique, complètement défoncé, matant tout ce qui bouge. Deuxième taz une heure plus tard et tout bascule. Je ne pense qu'à une chose : trouver un mec. Malheureusement, je suis tombé sur le premier mec qui m'a sourit et abordé. 32 ans, plutôt mignon sous lumière rouge et avec deux taz. Nous passons un long moment dans les bras l'un de l'autre, très câlin. Hélas, je descend d'un coup, je me rends un peu compte de mon erreur, j'ai envie de partir mais ne veut pas partir seul. Je garde le mec qui semble particulièrement content. On se couche à 6h, nous faisons des câlins - lumière éteinte - ; il est monté comme un caniche nain mais c'est une bonne suceuse. Je le vire à 14h00 après un échange de numéro qui ne donnera rien.
Dimanche soir, devant Zone Interdite, je me suis rendu compte que je ne supportais plus de sortir sans drogue. Au bout d'une heure en boite, je m'emmerde. Les seuls endroits où je peux aller sans drogue sont ceux de baise. Je commence à m'inquiéter, je ne sais pas quoi faire. J'ai même pensé à aller voir mon généraliste - cool, un peu barré - pour en parler. Je suis perdu.

Commentaire(s)

c normal de s'emmerder en boite c mortel ça appelle la drogue ces sorties, et si tu regardes zone interdite et leurs discours moralistes/alarmistes en descente aussi c normal de badder derrière :)

Argh, et moi qui m'éclate pour un rien, sans rien... J'dois pas être humain...
Faut dire que le RnB et moi, on est amoureux, ca aide pr faire la fête !

Si tu estimes qu'en parler avec quelqu'un (notamment ton médecin, avec son obligation au secret et le recul du praticien) t'apportera quelque chose, alors il ne faut pas hésiter. Les remises en question quelles qu’elles soient sont souvent délicates mais majoritairement salutaires.

Quand ce stade arrive, une seule solution : la pause !
Facile @ dire je sais, perso jpeux pas arrêter de clubber.
Essaie l'alcool, c'est pas mal aussi ;-p

Le fait d'en avoir déjà parlé ici doit déjà être une forme de thérapie pour toi non ? C'est un premier pas, au moins, tu es conscient de tout ça.

Il n'y a pas si longtemps j'étais comme toi, je prenais toutes sortes de choses pour aller en boite. Pire, avec mon ex on n'en prenait chez nous juste pour baiser !! c'est dire le point ou nous étions arrivé. Pourtant en ce qui me concerne j'ai commencé à en prendre en le rencontrant mais j'ai aimé ca rapidement. Ce qui m'a fait arrete c'est simplement la volonte et le fait de s'appercevoir que 'lon peut tomber accroc trop rapidement. Le fait que tu en aies conscience est déjà un très bon point. Tu arreteras tout seul si vraiement tu le veux.

extrait de mon journal intime (www.gayloves.be.tf)

Je suis en quête d'une vie ou l'amour se conjuge au présent. Ou la Passion est aussi forte que celle du christ. Bref, je veux me caser. Chaque fois que je vois un mec qui me plait beaucoup, paff, j'ai le coup de foudre mais qui n'aboutit a rien ( comme hier avec le mec dans le café- voir ci dessous) je souffre...non de baise ( la, c'est plutot l'overdose...quoi que personne n'est jamais mort d'une surdose de sexe...) mais d'amour et d'affection...

Depuis quelques temps, je lis également le journal intime d'un gay de Paris. 35 ans, fucker professionnel, beau corps , belle gueule...drogué ! y a que le drogue qui me derange..mais soit! ce mec, je commence a fantasmer dessus a crever....oui, je fantasme sur un mec qui ecrit sa vie sur internet!

je vous le dis, je deviens fou! hystérique d'amour manqué...

pardon

c'est pas marrant d'être hypocondriaque, c'est même carrement mauvais pour la santé

Tu pourrais arrêter de sortir aussi !

35a ?

nan jon il a pas 35ans paumé faut suivre l'histoire :-p
paumé>>un ptit sejour au vert te ferais un grand bien, je te conseil l'alsace lol

Ben faut faire autre chose, revoir le sens de ta vie, il y a un âge pour tout :-(((

J'ai commencé à m'emmerder en boite vers 29 ans, j'ai compris qu'il n'y avait rien à en attendre et que finalement, il n'y avait que du superficiel dans les rencontres de ce genre d'endroits.

Mais ces quelques mots semblent hasbeen.

Si tu fais le bilan, de tes soirées, qu'en reste t-il ?

Un peu de fric dépensé, de la musique, quelques calories dépensées en bougeant, quelques doses, un plan baise + ou - sympa et finalement une grande solitude au reveil!


Se rendre compte qu'on est dépendant n'est jamais cool. Que ce soient des taz pour sortir en boite, ou le web pour communiquer...
Une fois la prise de conscience, il faut réagir...

"Je suis perdu", ouais mais bon de toute façon, c'est déjà le nom du blog, ça, nan?

@ Tout ceux qui lui conseillent d'arreter de sortir> Facile @ dire, beaucoup moins @ faire. Pour vous ce n'est pas important, les sorties en club ne vous manquent pas, sans doute parce que vous y goutez une fois tout les 36 du mois.
Le milieu nocturne est vorace. Les seules personnes que j'ai connu qui en sont sorti sans regrets, ce sont ceux qui se sont casés sérieusement. Allez savoir pourquoi

il faut une sacree volonté pour soritr de ce cycle infernal que l'on sorte en club ou pas !

Plus tu prendras de risques plus tu en chercheras de plus intenses.

Tu prends peut-etre ca a la legere, mais certaines personnes en meurent.

C'est triste mais c'est comme ca.

Le reste c'est ton choix. Tu peux choisir de mourrir, u tu peux choisir de rester.