Journal d'un paumé

See no evil. Hear no evil. Speak no evil.

lundi 05 juillet 2004

la finale

Mais sans supporter cette fois. Ayant été offensé, j'avais le choix des armes. Le choix du resto était stratégique ; suffisamment loin du boulot pour qu'aucun collègue ne s'y trouve, suffisamment bruyant pour couvrir le début d'une enguelade et suffisamment quelconque pour ne pas regretter de ne plus y retourner si les choses tournaient mal. Cela n'a pas été utile ; le resto s'est déroulé sans qu'aucun de nous élève la voix.
Il n'a pas changé ; ses problèmes de santé - il a encore failli mourir une fois -, ses problèmes familiaux, ses problèmes de taff... Le resto a ressemblé à un long monologue. Il passait son temps à essayer de diminuer la distance entre nous et moi de la maintenir. Je le regardais, le regard amusé, tourner autour du pot. C'est finalement arrivé après l'entrée.
«Bon. Je suis désolé pour le week-end à Montpellier où je n'ai pas été clair et où j'ai sous-entendu des choses fausses et au week-end chez moi où mon comportement a été inadmissible. Il ne s'est pas passé une journée sans que je pense à toi, j'attendais que tu me donnes des nouvelles mais je savais que tu n'en donnerais pas, que c'était à moi de le faire. Tu sais bien que je n'ai pas l'habitude de m'excuser, mais je tiens beaucoup à toi.»
Tout était dit. Il a rapidement passé à un autre sujet - tout dans le stock des éternels sujets, il ne s'est pas renouvelé -. Je suis resté silencieux pendant les 90mn de notre repas. Dès que l'on s'est quitté, j'ai reçu un SMS « je suis heureux d'avoir pu te voir, j'ai encore pleins d'autres choses gentil a dire mais le temps nous était compte j'espère que tu donneras des news très vite. » Ma réponse, quant à elle, n'a été envoyée que 7 heures plus tard « tes excuses étaient un préalable indispensable à tout nouveau contact entre nous. Néanmoins, chat échaudé craignant l'eau froide, il faut donc encore laisser du temps au temps. »