Journal d'un paumé

See no evil. Hear no evil. Speak no evil.

lundi 24 janvier 2005

un sac est un sac, à voir ce que je vais mettre dedans

Je voulais passer un week-end tranquille. Encore un échec retentissant. Me suis rendu compte vendredi soir qu'il y avait une soirée des cravyvores. Alors c'est apparu clairement, c'était une occasion en or pour vérifier ce dont je m'étais rendu compte la semaine dernière. Les cravyvores, une soirée de folles, parfait.
Restait plus qu'à trouver une personne avec qui y aller. C'est nettement plus difficile. Une fois rayée, les potes qui auraient refusés, ceux indisponibles, ceux que je n'avais pas envie de voir, ben y reste plus grand monde. N'est pas Matoo qui veut ! Après d'intenses tractations, j'y suis allé avec D., un mec que je vois peu mais avec qui je discute souvent.
Arrivé chez moi vers 1h30, nous buvons un verre avant d'y aller en zappant devant la télé. Le porno sur Pink est déjà terminé, les pornos hétéros sont minables, heureusement que la chaîne télé-achat nous vantent les mérites de la centrifugeuse « Pure Jus ».
Arrivé au Bataclan, poireautage dehors sous la pluie, poireautage pour le vestiaire et pour choper le nécessaire whisky coca. Nous nous installons en hauteur à la lumière. Faut pas déconner, j'suis pas là pour la musique. Un premier mec, 25/30ans mignon, commence à me tourner autour, de superbes yeux bleus clairs. Il me regarde, sourit en tentant désespérément de tenir debout. Ivre mort le gars. Je ne fais rien, il décide de se barrer. Fin du premier verre, D. file en chercher deux autres. Le même mec en profite pour repasser et s'installer à côté de moi. Echanges de sourire, il est vraiment trop bourré, pas envie de me taper un déchet, je décide de ne pas faire le premier pas. Il ne le fera pas non plus.
Le second verre touche déjà à sa fin. Je vois Matoo au loin, décide d'aller le saluer. Me présente au Jeff et au Oli. Je continue mon tour, D. décide de m'abandonner. Snif. Me rapproche donc de mon ami le bar. Et quelle surprise quand je tombe sur P. et Sé. un pote à lui. On s'est bêtement perdu de vue quand le scorp a changé de nom. Je reconnais aussi Sé, déjà dû le voir. Ils m'adoptent pour la soirée. Ils sont ivres mort, Sé est une vraie pile électrique. Normal à 20ans quoi. Après une discussion de pétasses sur les serveurs (pour ceux qui y sont allés : je préfère le jeune petit mec brun imberbe avec des grands yeux et la pierre genre diamant à l'oreille gauche, Sé préfère le plus petit, plus carré et poilu), nous allons danser. Sé ne me lâche pas. On va boire un verre après chez P., tu viens hein ? Tu pourras dormir avec nous ! J'ai dû avoir droit à Tu ne nous quittons pas, ok ? à peu près toutes les 15 mn. Il m'accompagne même aux toilettes, sait-on jamais. Je reste assez distant, il est mignon mais tout fou. Et je ne veux pas me coucher tard, il est déjà 4h passées.
Fuck. En regardant l'heure sur mon portable, ma taz okazou tombe par terre. A peine ai-je eu le temps de commencer à accepter qu'il a bouffé un demi et m'embrasse pour me filer la seconde moitié. La soirée bascule à ce moment là, je crois. Sé est un garçon qui a une peur panique qu'on l'abandonne. Dès que P. est un peu loin ou a disparu, il part à sa recherche. Il a même ruiné un plan à P. en lui sautant plusieurs fois à son cou alors que le mec était sur le point de l'aborder.
Nous continuons à danser. Tantôt nous nous serrons la main, tantôt un petit smack, sans plus. Deux tox quoi. Au bout d'un moment, un mec commence à me tourner autour de façon très insistante. Il est plutôt mignon. Et nettement plus mon style que Sé. l'a dû le sentir le bougre. Il va direct voir le mec en question, ils causent et revient me voir. Il te drague, alors je lui ai proposé un truc ; on te drague tous les deux et c'est le meilleur qui gagne. Je suis sur le cul, quelle pétasse. Je refuse le jeu, me dis que je finirai la nuit avec Sé. Sé retourne le voir et le mec se barre. Enfin, disons qu'il s'arrange pour ne plus être dans le champ de vision de Sé. Le mec en question est même allé voir P. pour lui parler de moi. Mais impossible de me libérer quelques minutes pour lui filer mon tel, Sé me colle aux skets. Tenpi.
5h30, décollage pour St Ouen. Métro foncedé. Brrrr. J'en apprends beaucoup plus sur Sé. C'est là que l'expression sac à drogues prend tout son sens. Arrivé dans le milieu de la nuit à 15 ans, exta et cocaïne à 16ans, serveur en after à 17ans. Il a passé sa dernière année à bosser en after, à raison d'une dizaine de taz par soir offerte par les clients. Il passe aussi son temps à regarder par terre pour ramasser les pilules et autres sachets perdus et à les avaler sans discernement. Un sac à drogues, j'vous ai dis, une bien belle définition.
Nous passons 2h chez P. à discuter, Sé est hystérique, limite agressif. P. me rassure, ce n'est pas son état habituel. N'empêche que j'ai hésité à me barrer une poignée de fois. Mais bon, il était 8h et... putain mais c'est une bombe. Pas vraiment mon style mais vraiment mignon. J'arrive à le faire lâcher la bouteille de whisky et nous partons. Retour en métro difficile. Nous arrivons enfin chez moi vers 9h15, je vais enfin pouvoir remplir Sé avec autre chose que des drogues. J'suis sûr qu'il fait sac à drogues et sac à foutre ce garçon. Enfin, j'en sais rien. Parce qu'à peine couché et les câlins commencés, il me dit qu'il en a marre des mecs et qu'il veut quelque chose de sérieux. Je mets ça sur une brutale descente de taz. Et ce con s'endort dans la seconde qui suit.
16h, il se réveille et visiblement le cerveau est à peu près au rendez vous. Nouvelle tentative de câlins. En vain. Je ne couche pas la première fois. Je manque de m'étouffer. J'aurais vraiment eu droit à tout. Nous papotons un peu dans mon lit. Il semble désabusé des mecs et pas motivé pour me revoir. Hier soir, ivre et défoncé, il aurait voulu que je signe un contrat pour la vie. J'vous dis, j'suis pouilleux ou maudis, j'hésite encore.
Mais il est pervers le paumé. Je lui réponds d'un ton détaché ; Oh ben comme tu veux, je suis dispo mardi ou mercredi... Il me répond Ok ça marche immédiatement oubliant le laps de temps nécessaire du mec pas motivé. Et c'est à ce moment là que je termine ma phrase. Ben oui, tu comprends, tu ne couches pas le premier soir, il faut au moins que l'on se revoit une seconde...

Commentaire(s)

ah ces jeunes, ils sont chiants...

'tain, j'ai bien fais de pas venir !

Maudit et pervers. Ca te va bien. Mais pas pouilleux. Enfin, pas encore.

j'adore les soirees comme ca moi!!! ca me fait trop marrer, mais bon des fois un "non" cache un gros "oui"....

le jour decroit la nuit augmente..... souviens toi...

mdr, meme si tu es maudit, tu as de la suite dans les idées :-p
bon t'oublies pas de nous tenir au courant lol

"Ben oui, tu comprends, tu ne couches pas le premier soir, il faut
au moins que l'on se revoit une seconde..."

Si ca ce n'est pas de la reparti..... Je ne m'y connais pas

alors? t'as pu te le faire ce soir?

L'avantage de la seconde c'est qu'ensuite il n'y a pas de troisième.

Jean qui ne prend pas de drogue mais qui paraît comme défoncé parfois...

Et bien, moi qui me disait que ce blog n'était plus que l'ombre de lui-même !!!
Force est de reconnaître que son auteur nous a donnés une leçon magistrale de ce qu'est la rémanence !!!
des saillies brutales et mémorables après d'étranges et mornes silences.... vivement l'extase suivant !

 










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